Gotthard - 2012-04-30 - Rockademy

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Gotthard - 2012-04-30

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GOTTHARD Vingt mois après la tragique disparition de Steve Lee, leur charismatique chanteur, les Tessinois reprennent
un second souffle et publient «Firebirth». Le compact est orné d’un phénix.

L’heure de la renaissance a sonné

Un beau jour de mars, les membres du plus titré des groupes de rock suisse ont convié cinq journalistes dans leur studio d’enregistrement. Rien ne permet de deviner que cette sobre villa qui surplombe Lugano est le fief de la bande à Leo Leoni. Sinon peut être ces cinq imposantes VW noires marquées du logo du groupe. On sent les membres du quintette à la fois heureux, mais également anxieux, de nous faire écouter leurs nouvelles compositions. «Nous avons traversé l’enfer, mais nous sommes de retour», lance Leo dans un silence quasi monacal. C’est qu’ils ont beaucoup pleuré, Marc, Freddy, Hena et Leo, depuis ce funeste 5 octobre 2010. L’heure est aujourd’hui à la reconstruction. Gotthard Mark II entame un nouveau cycle, dans l’espoir de faire aussi bien que ce qui a été accompli pendant deux décennies. Seuls trois groupes de rock dur ont réussi à remplacer un frontman emblématique en conservant une position dominante: AC/DC, Black Sabbath et VanHalen. 

Le pari est donc risqué. Mais les Tessinois ont déniché la perle rare en la personne de Nic Maeder, Vaudois pur malt exilé en Australie, qui vient de déménager près de ses nouveaux frères d’armes. C’est timidement qu’il prend la parole: «Nous avons mis beaucoup d’effort et beaucoup d’amourdans ce disque.» D’amour, il est souvent question dans les textes de «Firebirth». Sur «Tell me» notamment: « Cette chanson dit en substance: « Dis-moi que tu m’aimes.» On oublie souvent de le dire à nos proches. Mais on a tous besoin d’entendre ça »,déclare Leo. Des paroles chargées de sens, parfois teintées de conscience sociale comme sur «S.O.S.» qui évoque l’alcoolisme. Les valeurs prônées par Gotthard restent inchangées. 

Des stars au casting Le respect en est une, comme l’explique Leo: «Parmi les quatre cents candidatures que nous avons reçues du monde entier, il y avait des stars. Nous nous sommes rendu compte que nous étions considérés comme une formation importante. Mais nous ne donnerons pas de noms, par respect pour ceux qui n’ont pas été retenus.» Dès la première session d’audition avec Nic, les choses étaient claires. «Nous avons immédiatement su que ce serait lui, nous en étions convaincus», déclare le guitariste rythmique Freddy Scherer.«A présent, les trois cultures sont représentées au sein de Gotthard, nous sommes complets. Nous avons trouvé en Nic un nouveau pote, pas seulement un excellent chanteur.» Recruter un vocaliste réputé aurait forcément engendré des problèmes d’ego. «Nous avons retrouvé une nouvelle énergie après une longue période très douloureuse. Pour nous, c’est un vrai renouveau», confie Freddy. Une seconde naissance qui s’inscrit dans la continuité: «Gotthard reste Gotthard. Notre but a été de créer un savant mélange entre «G.» et «Lipservice», de retrouver un gros son qui remplisse bien les oreilles. Il y a donc plus de guitares, plus de feeling et moins de synthés.» L’écoute de neuf des treize titres de «Firebirth», onzième opus studio du groupe, ne lui donne pas tort. Une saine agressivité se dégage dès les premières attaques de «Starlight» et «Give me real». Plusieurs ballades made in Lugano viennent bien sûr créer l’équilibre. Le clou de cette séance de pré-écoute est sans conteste «Where are you?», une pépite de mélancolie composée par Leo Leoni en hommage à son ami Steve Lee. Dans le studio, personne ne peut retenir ses larmes. Musiciens et journalistes sont unis dans le souvenir. «C’est une belle manière de le remercier et de nous souvenir de lui», dira Leo, la voix nouée, en ajoutant: «Ce disque est notre message. C’est une façon de dire qu’il faut poursuivre sa route, regarder devant soi et ne jamais désespérer.» 

Avancer malgré tout
Regarder devant, se projeter à nouveau dans l’avenir, avancer malgré les doutes.C’est ce que les Gotthard ont décidé de faire,
alors qu’ils ont pensé, des mois durant, tout arrêter. A la fin mai, les boys s’envoleront donc en Amérique du Sud pour cinq concerts- tests. Une sorte d’échauffement avant les échéances importantes qui les attendent cet été partout en Europe. Sweden
Rock, Hellfest, Gods of Metal, Graspop, Bang Your Head: les plus grands rassemblements du genre sont agendés. Puis ce sera
au Japon et au reste de l’Europe, à l’automne, de découvrir à quoi ressemble ce Gotthard nouveau. «C’est avec une grande excitation, mais aussi de l’appréhension, que nous nous préparons à monter sur scène. Tout le monde se réjouit de passer à cette étape», avoue Freddy Scherer. Les attentes du public sont grandes, énormes même. Ils en sont conscients et feront tout pour être à la hauteur et vivre une seconde vie. 
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